L'histoire
de notre quartier

Par Annette Bleau

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Dans un article qu’il écrivait pour le Nouveau Journal le 30 décembre 1961, l’écrivain Yves Thériault rappelle certains souvenirs de son enfance vécue à Notre-Dame-de-Grâce, au début du siècle :

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Tramway sur Girouard vers 1910 (Photo bibliothèque Fraser-Hickson)

«L’ancien village se rattachait à la ville seulement par la rue Sherbrooke. La Côte Saint-Antoine était pavée, mais depuis peu. La rue Girouard n’était qu’un sentier et le tramway y grimpait sur un rail passant en plein champ. La Côte Saint-Luc était délicieuse, un chemin de campagne tortueux, bourré d’imprévus.

«Quant au boulevard Décarie, ce n’était qu’un chemin de terre montant de la rue Sherbrooke pour se rendre, assez péniblement d’ailleurs, jusqu’à Snowdon : [ soit la jonction actuelle du chemin de la Reine-Marie et du boulevard Décarie]. Pour aller de Snowdon à la chapelle du Frère André, le tramway, tout comme sur la rue Girouard, passait dans le champ, à côté du petit chemin étroit pompeusement baptisé Queen Mary Road.»

Puis Yves Thériault nous raconte que lorsqu’il eut dix-sept ans, il reçut pour étrennes un magnifique traîneau sur lequel il glissait, heureux comme un roi, en compagnie d’une centaine d’enfants et d’adultes, sur l’éblouissante neige d’antan « dans la côte de Décarie-les-melons ! » Comme il le mentionne lui-même, « ce n’était pas un événement, mais c’était beau, et je m’en souviens encore ».

Oui, il se souvenait encore de tout cela en 1961, alors que tout était tellement changé, car de village et petite municipalité, Notre-Dame-de-Grâce s’était transformée en quartier d’une grande ville.

L’auteur d’Agaguk nous a confié ces souvenirs d’enfance 318 ans après l’arrivée au Canada, de Jean Descarries dit Le Houx, premier colon à s’établir sur une terre située au cœur de ce qui est devenu l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce.

Voici l’histoire de ce quartier, offerte par Mme Annette Bleau pour le bénéfice de nos résidents et visiteurs.

Yvan Pelland, agent immobilier à N-D-G.


Les pionniers
Par Annette Bleau

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L’octroi de terres autour de Ville-Marie répondait naturellement au besoin en nourriture d’une population grandissante. Le défrichage permettait également d’établir une ceinture de sécurité entre la bourgade et la forêt d’où pouvaient venir des attaques indiennes. On voit sur ce tableau de Charles Coburn deux Iroquois épiant des colons travaillant sur leur terre.

Vers le milieu du XVIIe siècle, ce coin de pays qui est devenu l’un des plus beaux quartiers de Montréal n’était qu’une immense forêt vierge s’étageant au pied du Mont-Royal jusqu’au-delà d’une prairie longeant la rivière Saint-Pierre et le petit lac du même nom. Entrecoupée de marécages et de ruisseaux, bruissante du chant des oiseaux et des cris des bêtes sauvages qui l’habitaient, cette forêt était peut-être encore inconnue des compagnons de Maisonneuve parmi lesquels se trouvaient déjà quelques-uns des premiers occupants de Notre-Dame-de-Grâce. Des braves ces hommes et ces femmes, des conquérants et des héros à leur façon, animés d’une force d’âme, d’une volonté et d’une endurance à toute épreuve, car, il faut bien l’admettre, habiter Ville-Marie avant ou vers 1650 était un véritable acte de foi! De plus les Iroquois, maîtres des lieux, ne les accueillirent pas toujours à bras ouverts !

Jean Descarries, dit le Houx, ancêtre de tous les Décarie

Or parmi ces braves se trouvaient deux amis, Jean Descarries, dit le Houx et Jean Leduc, (ndlr :Débarqués en 1643 d’après Yves Décarie) à qui, le 18 novembre 1650, comme les registres anciens nous l’apprennent, Monsieur de Maisonneuve concéda des terres d’un arpent chacune à Ville-Marie même : par le même contrat, il leur accordait une autre concession de trente arpents au lieu dit la contrée Saint Joseph, contrée qui se trouvait quelque part sur le territoire occupé aujourd’hui par les paroisses Saint-Joseph, Sainte Cunégonde et Saint-Henri, et donc celui de Notre-Dame-de-Grâce des XVIIIe et XIXe siècles, lequel s’étendait de la rue Atwater jusqu’à Lachine et de la rivière Saint-Pierre jusqu’à Saint-Laurent.

Les Leduc...

Le 11 Novembre 1652, à Ville-Marie, Jean Leduc, originaire de la paroisse d’Iger au Perche, épouse Marie Soulinié qu’il avait rencontrée l’été précédent à l’escale de Trois-Rivières alors qu’il naviguait vers Québec en compagnie des autorités et autres habitants de Ville-Marie. À cette époque, en effet, une forte délégation de notre ville se rendait, chaque été, au siège de la Nouvelle-France pour quérir les vivres et marchandises arrivés de la Mère patrie.

Et c’est deux ans plus tard au cours d’un voyage semblable, que Jean Descarries rencontra celle qu’il voulut épouser sans retard. Michelle Artus, originaire de Brousse, en Anjou, arrivait à peine de son pays natal que déjà, Me Gustave Audouart, notaire en la ville de Québec, dressait le contrat de mariage entre les futurs époux, en présence de Paul de Chomedey de Maisonneuve, gouverneur de Montréal, de dame Barbe de Boullongne d’Ailleboust, épouse du gouverneur de la Nouvelle-France, de Charles LeMoyne, Nicolas Godé, Jean de Saint-Père et de plusieurs autres personnalités. Ce contrat porte la date du 23 septembre 1654 et le mariage fut célébré à Québec le 5 octobre suivant par le père Jérôme Lalemant, en la chapelle du collège de la Compagnie de Jésus. Jean Descarries et Michelle Artus sont les ancêtres de tous les Décaries de Notre-Dame-de-Grâce, Saint-Laurent, Dorval, Lachine et autres lieus, et qui sont fort nombreux!

Mais c’est à Notre-Dame-de-Grâce, surtout, que la plupart de leurs descendants ont vécu. Les familles des pionniers Descarries et Leduc grandirent côte à côte d’abord à Ville-Marie et plus tard à Notre-Dame-de-Grâce, et deux de leurs enfants se sont mariés, perpétuant ainsi la vieille amitié de leurs pères.

...les Prud’homme...

Au début de la colonie, Louis Prud’homme habite également Ville-Marie. Il y épouse Roberte Gadois en 1650. Un homme remarquable ce Louis Prud’homme. Originaire de Pomponne, en Isle-de-France, il devient bientôt un citoyen notable de Ville-Marie dont il défend le fort avec vaillance ; par son sang-froid il sauve la vie de Lambert Closse, major de la garnison. Il est le premier capitaine de la milice formée grâce à la recrue de 1653 amenée de France par Maisonneuve. Notons que Jean Descarries est un des premiers miliciens à s’enrôler dans l’escouade de Louis Prud’homme. Lors de l’élection des premiers marguilliers de la paroisse Notre-Dame de Montréal en 1657, Louis Prud’homme est l’un des élus du peuple en compagnie de Jean Gervaise et de Gilbert Barbier. On le retrouve juge de police en 1664 et il porte alors le titre d’honorable. L’un de ses descendants, François, s’établit au Petit-Côteau, donc à Notre-Dame-de-Grâce, et c’est Eustache Prud’homme qui, le 31 octobre 1849, vend trente arpents de sa terre pour la construction de l’église de Notre-Dame-de-Grâce.

...les Hurtubise...

Sur le navire qui quitta le port de Saint-Nazaire en 1653, ayant à son bord Monsieur de Maisonneuve et les colons qu’il avait recrutés en diverses provinces de France, se trouvaient les deux frères Heurtubise, André et Marin, originaires d’un petit village situé à une trentaine de kilomètres du Mans, dans l’ancienne province du Maine. André mourut peu de temps après son arrivée à Ville-Marie, quelques jours seulement avant la célébration de son mariage. Son frère Marin qui n’avait que 21 ans à son arrivée en Nouvelle-France, épousa en 1660 à Ville-Marie demoiselle Etiennette Alton, une des protégées de Marguerite Bourgeois. Marin Heurtubise est l’ancêtre de tous les Hurtubise, le nom s’étant modifié à la troisième génération. Monsieur de Maisonneuve offrit en concession à Martin Heurtubise une terre à la contrée Saint-Joseph, et en 1687, M. Dollier de Casson, supérieur et seigneur, concédait à Pierre Heurtebise, un des fils de Marin, une terre à culture au Haut-Côteau, maintenant Westmount. Cette terre n’était pas très éloignée d’une des fermes appartenant aux Descarries.


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La maison de Pierre Hurtubise est la seule qui ait conservé son aspect original, sauf pour l’ajout de brique à son côté est qui date de 1875.. Sise au 563, Côte-Saint-Antoine, elle a abrité huit générations d’Hurtubise pendant plus de 250 ans, soit entre 1699 et 1955. érigée en 1688 par Pierre Heurtebize, fils de Marin Heurtebize. Solidement construite cette maison servait de refuge aux femmes et aux enfants lors des attaques des Indiens qui, à cette époque, venaient fréquemment dans les parages. Près de l’actuelle rue Victoria, elle est aujourd’hui l’emplacement d’un musée, grâce à l’Héritage canadien du Québec qui en prit possession en 1955 dans le but d’en assurer la conservation.



Nous retrouvons donc ces familles Descarries, Leduc, Prud’homme et Heurtubise groupées dans une même banlieue à l’ouest de Ville-Marie, territoire alors à peu près sans nom. Selon le journaliste et archiviste édouard-Zotique Massicotte qui écrivit en 1910 l’histoire des familles Décarie, Jean Descarries et Jean Leduc possédaient en sus de leur terre à la contrée Saint-Joseph, plusieurs autres emplacements à Ville-Marie même.
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En 1666, une terre du Coteau Saint-Pierre est concédée à Jean Descarries, qui le 23 juin 1675, achète un lot de 80 arpents de Claude Rimbault à la Rivière-Saint-Pierre ; en 1679, Monsieur Dollier de Casson lui concède une autre terre de 80 arpents au bout de la concession qu’il possède déjà à la Rivière-Saint-Pierre. Un de ses voisins est Jean Leduc.

Jean Descarries et Michelle Artus eurent quatre fils et une fille. L’un des fils, Jean mourut à l’âge de douze ans, en 1671, victime, dit-on, des Iroquois. Il avait eu pour parrain Charles LeMoyne et pour marraine élizabeth Moyen, épouse de Lambert Closse, major de la garnison.

L’aîné des fils Descaries, Paul, né en 1655, fut un des quelque vingt-trois filleuls de Paul de Chomedey de Maisonneuve et de Jeanne Mance. Paul épousa Marie Heurtubise, une des filles de Marin Heurtubise, tandis que ses frères Michel et Louis épousèrent respectivement Marie et Marguerite Cuillerier, fille de René Cuillerier, un grand héros de Ville-Marie, qui était également concessionnaire d’une terre à Rivière-Saint-Pierre.

L’unique fille des Descaries, Jeanne, fut portée sur les fonts baptismaux le 10 mai 1665 par Louis d’Ailleboust, gouverneur de la Nouvelle-France ; sa marraine fut Jeanne Le Ber, épouse de Jacques Le Ber, célèbre marchand de Ville-Marie. À l’âge de seize ans, elle épousait un voisin, Lambert Leduc.

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La "maison rose" est une des plus anciennes maisons de Notre-Dame-de-Grâce et même de Montréal, puisqu’elle fut construite en 1698 sur une terre qui fut concédée à Michel et Louis Décarie, deux des fils du pionnier Jean Descarries dit Le Houx. Autrefois sa façade faisait face au fleuve comme toutes les maisons de cette époque, car on redoutait encore les attaques des Indiens qui venaient toujours de cette direction.

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On dit que souvent des groupes de raquetteurs s’arrêtaient à la barrière érigée autrefois tout près de la «maison rose ». Pour franchir la route, il fallait payer son écot selon le tarif fixé par la Compagnie des Chemins et Barrières : 20 cents pour une voiture à quatre roues ; 10 cents pour une voiture à deux roues et 5 cents pour les piétons. Seuls les riverains étaient exempts de péage. Tableau de Cornelius Krieghoff (1815-1872).

 
...et les autres!

À la fin du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe siècle, plusieurs autres familles vinrent s’établir dans les environs. Les Lieux sont alors identifiés : Coteau Saint-Pierre, Haut-Côteau, Rivière Saint-Pierre, Lac Saint-Pierre et Côte Saint Antoine.

Parmi les arrivants, on retrouve les Gougeon, Beaudry, Lemieux, Cardinal, Trudeau, Léger, Saint-Germain, Rhéaume, Saint-Aubin et tous ces autres pionniers qui ont travaillé sans relâche pour vaincre la forêt, essoucher, préparer et cultiver la terre où leurs enfants devaient grandir. Malgré les difficultés inévitables, ils pouvaient être heureux de vivre dans ce site enchanteur, sur les coteaux dominant le fleuve Saint-Laurent. (La conquête, puis l’indépendance américaine en 1774, amènèrent au pays de nombreux militaires, marchands et loyalistes qui contribuèrent aussi à peupler le territoire. Y.P.)

En 1778, Me Péladeau leva le plan d’une partie de l’île de Montréal indiquant le bornage des terres ainsi que le nom du propriétaire de chacune d’elles, dans un territoire englobant la Côte Saint-Joseph, le Côteau Saint-Pierre, la Côte Saint-Antoine, la Côte Saint-Luc, la Côte des Neiges et une partie de la Côte Saint Laurent. Ce plan nous démontre que presque tous les lopins de cette terre si fertile avaient déjà un occupant.


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Reproduction d’une partie du plan original de Me Péladeau.



La paroisse

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Dessin de la façade de l’église Notre-Dame-de-Grâce, tiré d’un numéro spécial du journal « Manoir-Echo » publié le 14 septembre 1978 à l’occasion du 125e anniversaire de l’église.

Peuplée par les descendants de ses pionniers, Notre-Dame-de-Grâce grandit peu à peu. En 1818, à la suite d’un relevé détaillé, on y dénombre 454 personnes, tous paroissiens de la lointaine église Notre-Dame de Montréal. (Située Place d’Armes) On devine sans peine leur désir d’une église d’accès plus facile ; leur souhait, resté longtemps sans écho, fut enfin réalisé et le 6 juillet 1851, monseigneur Jean-Charles Prince bénissait la pierre angulaire de la future église sous le vocable Notre-Dame-de-Toutes-Grâces.

L’architecte de talent John Ostell en fit les plans et se vit confier la surveillance des travaux.

St. Augustine of Cantorbury

A noter que St. Augustine of Cantorbury, première paroisse irlandaise du même territoire, fut érigée en 1917. L’église est située sur le chemin de la Côte Saint-Antoine à l’angle de la rue Marcil. La même année, Saint Ignatius of Loyola devenait paroisse ; les cérémonies paroissiales se déroulaient dans la chapelle du Loyola College.


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La photo de gauche nous montre la première version de l’église St. Augustine, flanqué de son presbytère qui a été conservé jusqu'à aujourd’hui. Celle de droite nous montre l’église actuelle qui fait l’objet d’un débat parmi les citoyens du quartier quant à l’usage qui devrait être fait des bâtiments. (Photos bibliothèque Fraser-Hickson)

D'un statut juridique à l'autre

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Jérémie-Daniel Décarie conserva son poste de maire jusqu’à son décès survenu en 1904.

Au cours de tous ces âges, voyons ce qu’est devenu juridiquement le futur quartier de Notre-Dame-de-Grâce.

Une partie du village de la Côte Saint Antoine, devenue plus tard Westmount, se sépara de Notre-Dame-de-Grâce en 1872.

Si l’on consulte les Statuts refondus du Québec, 40 Victoria, chapitre 40, on y voit que le 28 décembre 1876, l’honorable Luc Letellier de Saint-Just, lieutenant-gouverneur de la province de Québec, sanctionnait la loi qui érigeait une nouvelle municipalité de village dans la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, comprenant principalement les terres du Coteau Saint-Pierre et de la Côte Saint Luc et quelques terres de la Côte Saint Antoine. Cette nouvelle municipalité porterait le nom de «municipalité du Village de Notre-Dame-de-Grâce Ouest » comté d’Hochelaga, dans la banlieue de Montréal, bornée au nord-ouest, par la municipalité de la CÔTE DES NEIGES et par la paroisse de Saint-Laurent ; au sud-ouest par la paroisse de Lachine ; au sud-est par le trait-carré des terres du CÔTEAU SAINT-PIERRE et au nord-est par le chemin de la Côte Saint-Paul jusqu’au chemin connu comme le chemin de Lachine d’en Haut.

À la même époque, soit le 20 décembre 1876, une partie de la municipalité de Saint-Henri est annexée à la municipalité du Village de Notre-Dame-de-Grâce.

Les deux actes authentiques portent la signature de l’honorable Luc Letellier de Saint-Just, dont le petit-fils, Edouard Letellier de Saint-Just, qui habitait le quartier Notre-Dame-de-Grâce depuis 1937.

La nouvelle municipalité de Notre-Dame-de-Grâce Ouest fut divisée en trois quartiers : Saint-Luc, Saint-Pierre et Notre-Dame. Lors de leur première assemblée qui eut lieu le 12 février 1877, les nouveaux conseillers-Joseph Saint-Germain, Jérémie-Daniel Décarie,fils, Joseph Décarie,fils, AlexandreMills, Alexandre Madore, Eustache Prud’homme et John Brodie, procédèrent entre eux à l’élection du premier maire et Jérémie-Daniel Décarie, fils, fut élu à ce poste. Puis le Conseil choisit Léon DesCarries pour remplir la fonction de secrétaire-trésorier.

En 1909, la salle du Conseil, les bureaux de perception des taxes et de l’administration ainsi que les services de police et d’incendie furent établis dans un édifice loué de monsieur Louis Saint-Germain, avenue Décarie, entre la rue Notre-Dame-de-Grâce et le chemin de la Côte Saint Antoine.

J’aimerais rappeler que ce qui fut d’abord la «trail » Décarie, sentier, puis chemin permettant aux fermiers de traverser les terres des familles Décarie, devint l’avenue Décarie et ne fut nommé boulevard que le 23 mai 1912).


1893, St-Pierre et Montréal Ouest quittent le giron de NDG

Le 27 février 1893, premier démembrement à l’ouest de la municipalité du Village Notre-Dame-de-Grâce Ouest et naissance du Village de Saint-Pierre-aux-Liens désigné aussi sous le nom du Village de Blue Bonnets, et incorporé plus tard sous le nom de Ville-Saint-Pierre. Quelque temps après, l’ouest du Village est de nouveau amputé : une partie de son territoire devient Ville de Montréal-Ouest.

1903, au tour de Côte-Saint-Luc de se détacher

Puis vint 1903. À la demande de plusieurs francs-tenanciers de la municipalité du Village de Notre-Dame-de-Grâce Ouest entre autres, de messieurs Pierre Lemieux, Stanislas Viau, François-Xavier Décarie, Jérémie Prud’homme et J.H. MacDonald, une nouvelle loi fut sanctionnée (S.R.Q. 2 Edouard VII, chapitre 75, no 3), qui érigeait la Municipalité du Village de la Côte Saint Luc. Plus tard, la Ville de Hampstead se détacha de la municipalité de Côte Saint Luc.

Notre-Dame-de-Grâce devient une ville

La municipalité du Village de Notre-Dame-de-Grâce Ouest vécut jusqu’au 9 mars 1906, date où le village fut incorporé en municipalité de ville. Avant l’incorporation, le Conseil se composait de messieurs John L. Brodie, maire, représentant le quartier Saint-Luc, Alphonse-édouard Décarie et Joseph Prud’homme, conseiller du quartier Notre-Dame, Jos Vaillant, Robert Brodie, François-Xavier Leduc et Thomas Trenholme, représentant le quartier Saint-Pierre. Monsieur Léon DesCarries agissait toujours comme secrétaire-trésorier; la population se chiffrait alors à 1 854 âmes (elle avait donc doublé depuis 1901), et la valeur de la propriété foncière était de 1 697 198 dollars. On n’arriva à une entente qu’après de longues et tumultueuses discussions entre les traditionalistes et le tenants du progrès qui, finalement, sortirent vainqueurs de la lutte.

Egouts et aquéduc
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Construction des premiers égoûts sous la rue Sherbrooke à Notre-Dame-de-Grâce, au début des années 1900.



Il était d’une importance capitale que Notre-Dame-de-Grâce acquit les droits et les pouvoirs d’une ville, car cette petite municipalité, malgré son site enchanteur et ses belles demeures, n’était pas très évoluée. Il fallait la doter au plus vite d’un aqueduc, d’un système d’égoûts et pourvoir à l’éclairage des rues, si l’on ne voulait pas se promener le soir un fanal à la main, jusqu’à la fin du XXe siècle!

La nouvelle municipalité fut divisée en quatre quartiers : Notre-Dame, Saint-Pierre, Turcot et Mount Royal Vale.(…) Thomas Trenholme fut élu maire sur proposition de Robert Brodie, appuyé par Joseph Vaillant.

Selon la teneur de la Charte, chacun des nouveaux quartiers «aura les améliorations qu’il désirera et ne sera pas tenu de payer pour celles que le quartier voisin recevra. »

Cette clause, peu banale favorisait les cultivateurs qui formaient encore, à l’époque, la majorité de la population. Il est bien évident que leurs besoins n’étaient pas les mêmes que ceux des citoyens habitant la partie centrale de la nouvelle ville.

Notre-Dame-de-Grâce fit de très rapides progrès surtout après la construction d’un aqueduc au coût de 400 000 dollars. Depuis quelques années déjà, les spéculateurs avaient envahi le territoire et incitaient les cultivateurs à vendre leurs terres qu’ils divisaient en lots; de nouvelles rues s’alignaient à la place des belles et grandes fermes et la construction allait bon train, si bien qu’à la fin de l’année 1907 la valeur de la propriété avait atteint les quatre millions de dollars ou presque.


Hue, les tramways!

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Tramway à cheval sur skis
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Tramway à traction chevaline

De 1878 à 1894, une ligne de tramways tirés par des chevaux desservait Notre-Dame-de-Grâce. Quand la neige était trop abondante, on remplaçait la voiture par un long sleigh au plancher jonché de paille. Le trajet à parcourir était assez long, le point de départ étant Mount-Royal Vale, soit quelques centaines de pieds à l’ouest de l’actuel boulevard Décarie et à distance à peu près égale au nord du chemin de la Reine-Marie appelé alors Queen’s High Road, et le point d’arrivée était le centre du Montréal de ce temps-là (probablement la Place d’Armes). Au retour, le conducteur rapportait deux énormes sacs de courrier qu’il déposait, l’un au coin des rues Greene et Sainte-Catherine, au bureau de poste tenu par les demoiselles McCall, et le deuxième au bureau de poste de monsieur Léon DesCarries, à Notre-Dame-de-Grâce.

Avancez en arrière...

Le 14 août 1907, la Montreal Park & Island Railway obtint une franchise de cinquante années pour la mise en opération d’un système de chemin de fer urbain afin de mieux desservir les citoyens. Cette compagnie avait été formée en 1888 par monsieur Albert Corriveau de la Côte-des-Neiges. L’inauguration des services se fit le 13 août 1908 comme nous l’apprend un extrait des procès-verbaux de la Ville de Notre-Dame-de-Grâce.

L'annexion, une histoire mouvementée

Quand en 1906, le village fut incorporé en municipalité de ville, son aspect rural disparut rapidement. Quoique nécessaires, ces changements précipités et plutôt onéreux, tout comme les développements apportés au territoire, contraignirent souvent le Conseil à modifier des règlements nouvellement adoptés. La ville s’endettait un peu plus chaque jour, les citoyens étaient mécontents et nombre d’entre eux réclamaient à cor et à cri l’annexion à Montréal. Ce vœu, partagé par le maire de Notre-Dame-de-Grâce et son Conseil, répondait aux attentes de la ville de Montréal.

Cependant, n’allons pas croire que cette annexion fut réalisée dans une parfaite harmonie! Durant cet important épisode de l’histoire locale, les débats des citoyens, divisés en deux camps, firent la manchette des journaux de l’époque.

Le camp des opposants soutenait qu’il est plus facile de gouverner une petite ville et qu’il ne voyait aucune bonne raison de s’annexer à Montréal dont ont était séparé par Westmount, ville qui ne serait probablement jamais annexée (sic). De plus, les opposants ne voyaient dans ce projet qu’une occasion de favoriser un certain nombre de gros propriétaires au détriment des nouveaux petits propriétaires.

Hors l’annexion, point de salut!

Les annexionnistes, conscients des responsabilités de leur ville aux prises avec des besoins pressants à satisfaire et une dette énorme à payer, n’entrevoyaient le salut que dans l’annexion.

Malgré les arguments des opposants, le maire Thomas Trenholme et son Conseil de Notre-Dame-de-Grâce demandèrent l’annexion et en décembre 1909, Montréal se déclarait prête à accepter les conditions exigées par Notre-Dame-de-Grâce. Toutes les formalités devaient être terminées en principe pour le 10 février 1910, mais, comme dans toutes procédures, il se produisit des retards.

La bataille des anti-annexionnistes

Entre-temps, des élections avaient eu lieu à Notre-Dame-de-Grâce. L’annexion semblant être une chose entendue, cette question ne fut nullement débattue. Pourtant le nouveau maire, monsieur Georges Marcil, agent immobilier, et quelques nouveaux conseillers étaient anti-annexionnistes. Dès la première séance du Conseil, séance à laquelle quatre conseillers seulement étaient présents ( donc séance où il n’y avait pas quorum ), la question vint sur le tapis sous la forme d’une motion à fin de reconsidérer le vote qui avait été donné par l’ancien Conseil en faveur de l’acceptation des conditions proposées par Montréal. Cette résolution fut adoptée par deux contre un; seul l’échevin Dugald Mac Donald se déclarant dissident. Une autre proposition fut ensuite déposée refusant les conditions faites par Montréal. Elle fut également approuvée sur la même division. Le nouveau Conseil de Notre-Dame-de-Grâce refusait donc l’annexion. Le maire Marcil s’empressa de faire officiellement connaître cette décision au Conseil de la Cité de Montréal, et il convoqua ce qu’on appellerait aujourd’hui une conférence de presse.

Tout le travail accompli par l’ex-maire Trenholme et ses conseillers, en majorité annexionnistes, était donc à reconsidérer. Les citoyens se révoltèrent contre la décision du nouveau Conseil, et l’élection du maire Marcil fut même contestée.

Les débats reprirent de plus belle entre les annexionnistes et leurs opposants. Chacun des deux camps fit signer une pétition; celle des opposants contenait 658 signatures tandis que celle des annexionnistes n’en contenait que 358. Toutefois, il fut facile de prouver que le texte de la pétition des opposants contenait un subterfuge : il était rédigé de façon telle que les gens croyaient signer en faveur de la réduction de la taxe foncière et non contre l’annexion. De plus, cette liste comprenait les noms de plusieurs personnes qui n’avaient jamais signé la requête et qui fournirent des affidavits à cet effet. Il fut aussi prouvé que nombre des pseudo-signataires habitaient l’Angleterre ou les états-Unis. À la fin, la pétition des annexionnistes devint presque majoritaire.


Référendum !

Toutefois, malgré les discussions en cours, la Cité de Montréal, désirant toujours annexer Notre-Dame-de-Grâce, présenta sa demande devant le Comité des bills privés à Québec. Les discussions furent orageuses! Le maire Marcil demanda un référendum des propriétaires avant que l’annexion ne fût décrétée.

En réponse à cette demande, on lui rappela les faits suivants:

Lorsque Notre-Dame-de-Grâce a demandé son annexion à Montréal, le règlement survenu à la suite des entrevues a été adopté par le Conseil de votre ville. S’il y a aujourd’hui minorité pour l’annexion parmi les membres du Conseil, c’est qu’il y a eu défection de certains échevins qui avant leur dernière élection étaient en faveur de l’annexion, et c’est pourquoi dans les circonstances, nous ne croyons pas devoir recourir au référendum. Le règlement tel qu’inclus dans la Charte sujette à discussion est celui-là même qui avait reçu l’approbation du Conseil de Notre-Dame-de-Grâce. L’annexion est demandée pour plusieurs raisons dont la mauvaise situation financière ( $1,380,000.00 de dettes) et pour obtenir protection contre les spéculateurs de terrains en faveur des propriétaires de terres en culture.

L’honorable Jérémie Décarie, député d’Hochelaga, secrétaire de la Province et ministre de l’Agriculture, se fit le champion de l’annexion. Le père André Bibeau, dominicain et curé de Notre-Dame-de-Grâce, prit la parole devant le Comité des bills privés et se prononça catégoriquement en faveur du projet. Monsieur Alphonse Décary, avocat, vint appuyer la demande de la Cité de Montréal et il dévoila la conduite de certains membres de l’échevinage qui avaient fait volte-face. Il présenta la requête des 358 noms assermentés représentant une valeur imposable de 2 308 000 dollars.

Maître éthier, avocat de la Cité de Montréal, vint ajouter à toutes ces remarques que le bill actuellement déposé devant le Comité représentait les vues de la Cité et que les conditions que l’on faisait à Notre-Dame-de-Grâce étaient tellement avantageuses qu’il était difficile de comprendre qu’on pût refuser cette annexion qui, du reste, était certainement le vœu de la majorité des citoyens de Notre-Dame-de-Grâce, l’opposition provenant surtout des propriétaires non-résidents.

L’honorable docteur Guérin, maire de la Cité de Montréal, pria le Comité d’accorder l’annexion avant que la dette de Notre-Dame-de-Grâce ne devienne plus considérable.

Monsieur Galipeau proposa en amendement que la question soit soumise à un référendum. Cet amendement fut rejeté par vingt-sept voix contre sept. Et la clause de l’annexion fut adoptée sur la même division renversée.

Indigné, le maire Marcil convoqua une assemblée de protestation; mais la grande majorité des personnes présentes déclarèrent approuver l’annexion. Pour mettre fin aux délibérations, monsieur Théophile Prud’homme, annexionniste, demanda aux personnes approuvant l’annexion de se placer d’un même côté de la salle. Il se fit alors un mouvement presque général, une vingtaine de personnes seulement se déclarant contre l’annexion.


4 juin 1910, annexion définitive à Montréal

L’annexion de la ville de Notre-Dame-de-Grâce à la Cité de Montréal fut décrétée le 4 juin 1910. La population était alors d’environ 4000 âmes et les limites du nouveau quartier furent légèrement déplacées, le territoire situé au sud de la rivière Saint-Pierre jusqu’à la ligne médiane du canal de Lachine devenant partie intégrante de Notre-Dame-de-Grâce. Ce territoire appartenait auparavant à la municipalité de Lachine.

Ce 4 juin 1910 est donc une date mémorable dans les annales de Notre-Dame-de-Grâce puisqu’il marque la fin de l’histoire d’un petit village devenu trop grand, et le début d’une ère nouvelle dont le reflet se perd dans l’histoire du grand Montréal.

Au moment de mettre fin à cette relation de faits survenus depuis 1666, je me plais à croire que les objectifs des pionniers se sont réalisés bien au-delà de leurs attentes. Quand ils défrichaient laborieusement leurs lopins de terre dans l’espérance d’y établir les générations futures, ces «anciens» auraient-ils pressenti qu’un jour, leurs domaines réunis deviendraient l’un des plus beaux quartiers d’une ville dont la renommée s’étendrait bien au-delà de ce fleuve immense dominé par les coteaux de Notre-Dame-de-Grâce...


Annette Bleau
 
Après l'annexion
par Yvan Pelland

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Cette vue aérienne du secteur ouest de Notre-Dame-de-Grâce prise en 1933 démontre que le développement était encore principalement concentré le long du corridor Sherbrooke. L'édifice du Collège Loyola (maintenant l'Université Concordia) se distingue au second plan à gauche.

La plus importante phase de développement résidentiel de Notre-Dame-de-Grâce prend son essor au lendemain de l’annexion, jusqu’à l’avènement de la Grande Crise des années trente, donc bien avant la deuxième Grande Guerre. Les constructions sont destinées aux couches supérieures de la classe moyenne, principalement des anglophones attirés par l’ambiance campagnarde qui y reignera encore pendant de nombreuses années.

Les terrains de ferme sont subdivisés en lots et on y construit de nombreuses maisons individuelles jumelées ou en rangées et de spacieux duplex, d’abord dans la partie située à l’est du boul. Décarie (souvent appelée Westmount adjacent), jusqu’à la rue Girouard, au delà de laquelle les fermes et leurs vergers (qui ont donné son nom à la rue Old Orchard) subsistèrent plus longtemps. De plus en plus délaissées, ces terres furent mises en vente dans l’espoir d’attirer les développeurs immobiliers. Elle deviennent avec le temps des terrains vacants. Plusieurs citadins y plantent des jardins privés sans que personne ne s’en formalise. Au cours des années, ces terrains sont quadrillés de rues pavées et le quartier prend de plus en plus l’aspect urbain qu’on lui connaît aujourd’hui. De 5,000 habitants à son annexion en 1910, la population atteint 50,000 habitants 30 ans plus tard, et plus de 60,000 aujourd’hui.



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L'avenue Beaconsfield (Hingston en arrière-plan) au début des années 50 était déjà pavée, mais n'était pas développée du côté est.

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Les résidents du quartier s’adonnent au jardinage sur les les terres délaissées par les cultivateurs.


Aujourd'hui


Notre-Dame-de-Grâce est aujourd’hui un des plus beaux quartiers de Montréal. Dans toute sa partie est, ses citoyens profitent d’une architecture bourgeoise qui s’est imposée depuis le début de son développement et qui fait la richesse de son patrimoine résidentiel.

L’arrondissement se divise en 4 quartiers principaux : Le quartier généralement appelé «Westmount adjacent», se situe entre le boul Décarie et l’arrondissement de Westmount, bordé au sud par le boul. de Maisonneuve et au nord par les terrains de Villa-Maria.

Une deuxième zone qui s’étend à l’ouest du boul. Décarie jusqu’à une limite plus ou moins définie mais qu’on pourrait situer à la rue Beaconsfield ou à la rue Kensington, entre la rue Sherbrooke au sud et le chemin de la Côte-Saint-Luc au nord, est généralement appelée par ses résidents le «village Monkland ».

Un quartier situé au sud de la rue Sherbrooke, traditionnellement plus modeste, tend à se «gentrifier» et à s’incorporer au «village Monkland» sous la pression du marché immobilier.

Il y a enfin un vaste territoire qui s’est développé, surtout après la deuxième guerre mondiale, à l’ouest du «village» jusqu’à Montréal-Ouest. Cette zone est bornée au sud par la rue St-Jacques et au nord par l’arrondissement de la Côte-St-Luc.

Yvan Pelland, Agent immobilier à N-D-G.





Histoires de maisons
Par Annette Bleau

« Quels braves gens, comme ils ont une âme sympathique! » écrivait en 1901 le chroniqueur du monastère des Dominicains au lendemain d'une rencontre avec un groupe de paroissiens. « ...Et ces braves gens, rentiers, notables et riches cultivateurs, habitaient un village renommé pour ses belles résidences. Hélas ! La plupart de ces magnifiques demeures disparurent les unes après les autres sous le pic du démolisseur... » disait la chronique dès 1901.


La maison ancestrale

Dès les années 1680, Paul, le fils aîné du pionnier Jean DesCarries, érigea la première partie de la maison ancestrale de la famille Décarie. Située au bout d’une longue avenue du côté est de l’actuel boulevard Décarie, un peu au nord de la rue Saint-Jacques, la maison bâtie pièce sur pièce, mesurait environ quarante pieds de façade sur trente pieds de profondeur. Agrandie et remaniée au cours des siècles, la belle demeure ancestrale abrita neuf générations.

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La première Maison Décarie, construite en 1680.

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La même maison vers 1850


Alphonse-édouard Décarie, échevin de Notre-Dame-de-Grâce, fut le dernier “châtelain” de la maison ancestrale qui fut démolie en 1912 pour faire place à la voie ferrée du Canadien Pacifique. Sa femme, née Bernadette Décarie, vit le jour dans la «maison rose ».


La maison rose

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La maison rose.

(photo appartenant à Annette Bleau)

C’est une des plus anciennes maisons de Notre-Dame-de-Grâce et même de Montréal, puisqu’elle fut construite en 1698 sur une terre qui fut concédée à Michel et Louis Décarie, deux des fils du pionnier Jean Descarries dit Le Houx. Autrefois sa façade faisait face au fleuve comme toutes les maisons de cette époque, car on redoutait encore les attaques des Indiens qui venaient toujours de cette direction.

La maison de pierre, dont les murs ont trente-quatre pouces d’épaisseur, est construite pour défier le temps et les grands froids d’hiver. Elle est par contre fraîche en été et fort agréable à habiter.


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Tableau de Cornelius Krieghoff représentant ce qui pourrait être un poste de péage semblable à celui qui existait à côté de la maison rose.

En 1793, le propriétaire Décarie de ce temps-là la vendit à Monsieur Barthélémi Billon et elle connut ensuite plusieurs propriétaires successifs, jusqu'à l'année 1834 où elle fut rachetée par Joseph Décarie. En 1870, Félix Décarie, époux de Rose de Lima Hurtubise, la reçut en héritage avec l’obligation de l’agrandir et de la recouvrir de briques achetées à la briqueterie de son frère. Les Décarie demeurèrent propriétaires de la «maison rose » jusqu’en 1925, année où elle fut vendue à l’honorable Bruce Claxton. La famille Claxton lui a conservé son cachet ancien tout en dotant l’intérieur du confort moderne. Tous les meubles de la «maison rose » sont de style canadien.

On dit que souvent des groupes de raquetteurs s’arrêtaient à la barrière érigée autrefois tout près de la «maison rose ». Pour franchir la route, il fallait payer son écot selon le tarif fixé par la Compagnie des Chemins et Barrières : 20 cents pour une voiture à quatre roues ; 10 cents pour une voiture à deux roues et 5 cents pour les piétons. Seuls les riverains étaient exempts de péage.


La maison Hurtubise

La superbe demeure ancestrale des Hurtubise est l’un des points intéressants du chemin de la Côte Saint-Antoine. Elle fut érigée en 1688 près de l’actuelle rue Victoria, sur une terre concédée en 1687 à Pierre Heurtubise (fils de Marin Heurtubise) par Dollier de Casson au nom du Séminaire Saint-Sulpice de Paris. C’est une impressionnante et solide maison de pierre, construite aussi pour défier les ans et le climat. Coïncidence curieuse, ce sont les fils des pionniers Descaries et Leduc qui firent la maçonnerie des murs très épais du sous-sol, fortifié pour servir de refuge aux femmes et aux enfants lors des attaques des Indiens qui, à cette époque, venaient fréquemment dans les parages.

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L’ajout de brique du côté est fut construit vers 1875. La maison qui n’a pas été modernisée, comprend une cave dont les murs sont percés de deux meurtrières, un rez-de-chaussée, un étage et un grenier. Les planches des cloisons et les portes basses sont encore intactes. La boiserie est fixée avec des clous forgés à la main et les robustes poutres de pin datent de l’époque de la construction.


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La maison de Ephrem Hudon (515 Côte-Saint-Antoine).

Le chemin de la Côte Saint- Antoine, qui fut d’abord un sentier tracé par les Indiens, fut amélioré par les Hurtubise et leurs voisins Décarie. Comme c’était la seule route carrossable conduisant à Ville-Marie et plus tard à Montréal, imaginons un peu combien d’élégants équipages et combien de voitures de maraîchers allant au marché sont passés devant les fenêtres de la maison Hurtubise depuis 1687 !

À Notre-Dame-de-Grâce on trouve encore plusieurs de ces maisons plus que centenaires, toujours robustes, et toujours prêtes semble-t-il à accueillir de nouvelles générations.

Les Hurtubise habitèrent cette propriété sans interruption durant deux cent soixante-cinq ans. Cette maison historique est maintenant le centre d’un musée grâce à l’Héritage canadien du Québec qui en prit possession en 1955 dans le but d’en assurer la conservation.

Une des filles de Pierre Hurtubise épousa Ephrem Hudon et reçut en cadeau de noces une lisière de terrain au sud de la terre appartenant à sont père. Afin de se rendre plus rapidement chez son beau-père, Ephrem Hudon ouvrit un sentier à travers son terrain; ce sentier devint le chemin Hurtubise et plus tard l’actuelle avenue Victoria.

La maison Dionne-Décarie

Une autre maison du chemin de la Côte Saint-Antoine, encore impressionnante dans ses murs de vieilles pierres grises, est précédée d’un jardin entouré de beaux arbres. À l’intérieur les boiseries et les lustres sont superbes et les chambres spacieuses et bien aménagées. Cette maison cossue appartenait jadis à Benjamin Décarie dont la fille Berthe épousa Alexandre Dionne, commerçant réputé de la rue Sainte-Catherine. De ce fait, cette résidence est plutôt connue sous le nom de "maison Dionne".

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En raison de sa proximité de Montréal et de ses vues panoramiques, quelques montréalais nantis furent attirés par la communauté rurale qu'était Notre-Dame-de-Grâce. Ce manoir victorien représente une des rares traces de cette époque. Quoique sa vue panoramique soit maintenant perdue, cette pittoresque maison en pierre à cahaux sur la Côte Saint-Antoine constitue en elle-même une vue impressionnante. (Photo bibliothèque Fraser-Hickson)

À l’angle de la rue Northcliffe et du chemin de la Côte Saint-Antoine se trouve la jolie résidence de brique beige, à tourelle, construite au début du siècle pour la veuve de Barthélémi-Télesphore Décarie, grand producteur de melons ! Elle fut habitée plus tard par monsieur Charles Duquette, maire de Montréal.

Outre ces belles demeures de jadis, le village qui devint la municipalité de Notre-Dame-de-Grâce est encore le site de plusieurs édifices anciens et imposants, mis au service de la collectivité.

L’Institut MacKay pour les enfants muets et infirmes fut inauguré en 1876 et une école pour aveugles ouvrit ses portes, rue Sherbrooke, en 1912.

Arrivées à Notre-Dame-de-Grâce en 1874, les Sœurs du Précieux-Sang ont occupé un imposant monastère de pierre, boulevard Décarie, dès 1902. Le monastère, sauf les murs extérieurs, et le magnifique jardin qui l’entourait ont été convertis en condos de luxe et maisons de ville, en 2002 et 2003.

En 1832, l’Orphelinat catholique accueillait ses premiers pensionnaires confiés aux Sœurs Grises. L’édifice situé boulevard Décarie à l’angle sud-ouest du chemin de la Côte Saint-Luc, est maintenant transformé en centre de réhabilitation pour jeunes mésadaptés sous le nom de Villa Notre-Dame-de-Grâce.

En face de l’Orphelinat catholique, il y avait autrefois l’Hôpital des incurables où l’on soignait sans distinction de race ou de religion, tous les malades gravement atteints, surtout des tuberculeux. Les Sœurs de la Providence dirigeaient cette institution, inaugurée en 1902 dans l’ancien monastère des Sœurs du Précieux-Sang, agrandi et si bien aménagé qu’on en avait fait un des plus beaux établissements du genre en Amérique ; sa bonne renommée rayonnait à cent lieues à la ronde. Les Sœurs étaient fort efficacement secondées par un groupe important de “dames patronnesses” qui contribuaient dans une large part au bien-être des malades.


La maison Prud’homme, toujours debout!

 

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Les descendants de la famille Prud’homme, tous issus de Louis Prud’homme, capitaine de milice sous les ordres de Lambert Closse, ont construit de nombreuses habitations de ferme au Coteau Saint-Pierre, aujourd’hui Notre-Dame-de-Grâce. Ces maisons ont disparu, sauf une.

Construite entre le milieu et la fin du 18e siècle, en des temps où il fallait d’abord essoucher la terre à la sueur des hommes et à l’écume des chevaux, la maison Prud’homme coule aujourd’hui des jours paisibles au 967 de la Rue Girouard.

Pendant l’été, la maison cache pudiquement ses vieux murs derrière l’épais feuillage des arbres qui, au cours du dernier siècle, ont envahi ce qui restait de cette terre à melons. Quand arrive l’automne, la nature lève son rideau de verdure et les passants peuvent admirer à leur aise le toit mansardé garni de lucarnes, et le portique en bois qui caractérise les demeures ancestrales de la région.

J’ai eu personnellement la chance d’être invité à jeter un coup d’œil à l’intérieur de la maison. Dès qu’on a mis le pied dans le portique, on a l’impression d’entrer dans un autre siècle, tellement la maison a conservé de ses attributs d’origine. Les planchers, par exemple, sont faits de larges poutres de bois, les chambranles de portes et les fenêtres sont souvent rehaussés de moulures qui traduisent le goût et le savoir-faire d’une autre époque.

Une récente tentative de démolition de cette vénérable maison a heureusement échoué, grâce aux efforts de Dawn Bramadat et Ron et Jack Rosenthal qui en ont fait l’acquisition pour en faire leur maison familiale. Pour l’acheter, il ont dû renchérir sur la mise d’un promoteur immobilier qui avait, on peut le deviner, d’autres ambitions.

Vous pouvez admirer ce monument à partir de la rue, le terrain étant, bien entendu, un endroit privé.

Yvan Pelland,
Agent immobilier



Villa-Maria

Le couvent appelé Villa-Maria est un édifice historique prestigieux dont la partie centrale est même plus ancienne que l’église Notre-Dame-de-Grâce.

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Façade de Villa Maria

Villa-Maria fut d’abord la résidence de l’honorable juge Monk qui la fit construire en 1794, sur le même plan que la maison de ses ancêtres en écosse. Après la mort du juge Monk, en 1844, sa nièce loua la maison avec les vergers et les jardins au gouvernement britannique qui en fit la résidence officielle des gouverneurs généraux du Canada : tour à tour, Lord Charles Metcalfe, le Comte Charles Murray Carthcart et Lord Elgin l’habitèrent.

En 1849, s’y installait, à bail, le Monkland’s Hotel, endroit fort recherché de tous ceux qui aimaient se divertir en pleine campagne. L’hôtel offrait une soixantaine de chambres, une salle de bal, et l’on peut croire que l’établissement fut le théâtre de joyeuses réunions. Le locataire de cet hôtel, Joseph Compain, tenait à la Place d’Armes de Montréal, le Café Dillon, le meilleur restaurant de l’époque et, cinq fois par jour, une diligence conduisait les clients de son restaurant de la Place d’Armes au Monkland’s Hotel où l’on dansait et trinquait, au grand scandale de certains citoyens de Notre-Dame-de-Grâce, dit-on.


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Les imposants lampadaires évoquent, on l’imagine, l’autorité du maire Charles Duquette. (Photo bibliothèque Fraser-Hickson)
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Le monastère du Précieux Sang à l’origine.

Les religieuses de la Congrégation Notre-Dame achetèrent le domaine en 1854 et elles se plaignaient quelques temps plus tard «qu’il fallait encore respirer l’odeur des bouteilles vides empilées dans la cave ». Que de changements et d’amélioration apportèrent les religieuses depuis plus d’un siècle, à l’édifice et à sa réputation. Tout en respectant le style de l’édifice central, elles ajoutèrent de nombreux bâtiments, soit jouxtant l’édifice déjà construit, soit ailleurs sur le vaste domaine : une ferme et ses dépendances, la résidence des religieuses, celle de l’aumônier, le caveau ou charnier, et le magnifique Collège Marguerite Bourgeois. Sous l’habile direction des Dames de la Congrégation, Villa-Maria devint bientôt et est encore, après cent cinquante ans, l’un des couvents les plus réputés pour l’éducation des jeunes filles.

Annette Bleau



Pommes et melons
Par Annette Bleau

Le sol de Notre-Dame-de-Grâce était d’une fertilité étonnante et la plupart des terres étaient de belle taille. Avec le temps, plusieurs cultivateur devinrent surtout jardiniers-maraîchers; « les pommes, les tomates, les choux et les oignons de Notre-Dame-de-Grâce sont célèbres » peut-on lire dans La Patrie du 9 août 1903. Toutefois, la réputation des maraîchers de Notre-Dame-de-Grâce tenait avant tout à leurs melons; certains jardiniers en cultivaient des champs immenses; les melons vendus ne pesaient jamais moins de cinq livres et le plus souvent de vingt-cinq à trente livres! Les grands hôtels de Montréal et de New-York s’approvisionnaient de préférence à Notre-Dame-de-Grâce.

L’un de ces maraîchers, Barthélémi-Télesphore Décarie, était réputé grand-maître en la matière et son fils Anatole avait la même réputation. Tout en ayant adopté le mode de culture de son père, il réussit à l’améliorer et ses récoltes magnifiques et précoces faisaient l’envie des jardiniers de la Côte-des-Neiges dont les melons n’étaient à point qu’une dizaine de jours après ceux de Notre-Dame-de-Grâce.


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La réputation agricole de Notre-Dame-de-Grâce est née grâce à ses melons. Pouvant peser jusqu'à 10 kilos (25 livres), ils étaient prisés par des restaurants d'aussi loin que New York et Boston. Il paraît même qu’on s’en délectait à la Cour d’Angleterre. Le micro climat du Coteau Saint-Pierre permettait aux fermiers tels que monsieur Aubain de les cultiver en abondance, de même que les pommes.

Villa-Maria fut d’abord la résidence de l’honorable juge Monk qui la fit construire en 1794, sur le même plan que la maison de ses ancêtres en écosse. Après la mort du juge Monk, en 1844, sa nièce loua la maison avec les vergers et les jardins au gouvernement britannique qui en fit la résidence officielle des gouverneurs généraux du Canada : tour à tour, Lord Charles Metcalfe, le Comte Charles Murray Carthcart et Lord Elgin l’habitèrent. En 1849, s’y installait, à bail, le Monkland’s Hotel, endroit fort recherché de tous ceux qui aimaient se divertir en pleine campagne. L’hôtel offrait une soixantaine de chambres, une salle de bal, et l’on peut croire que l’établissement fut le théâtre de joyeuses réunions. Le locataire de cet hôtel, Joseph Compain, tenait à la Place d’Armes de Montréal, le Café Dillon, le meilleur restaurant de l’époque et, cinq fois par jour, une diligence conduisait les clients de son restaurant de la Place d’Armes au Monkland’s Hotel où l’on dansait et trinquait, au grand scandale de certains citoyens de Notre-Dame-de-Grâce, dit-on.

J’ai vu un livre ayant appartenu à M. Décarie, père, intitulé : Livre des horticulteurs français et étrangers. Ce bouquin, gros comme un dictionnaire, a été consulté si souvent que la couverture en est tout usée, tout comme les pages marquées de signets, surtout aux endroits où l’on traite de la culture du melon. L’hôtel Windsor s’approvisionnait toujours chez monsieur Anatole Décarie, dont l’épouse préparait pour l’usage de sa famille, une délicieuse confiture de melon. Or, une année la récolte fut moins bonne. La peau tachetée et fendillée de la plupart des melons en gâchait la belle apparence, même si la chair gardait toute sa saveur. Durant sa tournée annuelle, le représentant de l’hôtel Windsor vint choisir ses fruits et monsieur Décarie l’invita à la maison. Quand il eût goûté à la confiture de melon, le représentant ne tarissait plus d’éloges et en commanda une quantité si importante que Mme Décarie et ses aides durent trimer une bonne quinzaine de jours pour préparer les fameuses confitures dont se régalèrent les gourmets de l’hôtel Windsor

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Cette charrette servait à la livraison des melon musqués dit «Musk» cultivés par Barthélémy Thélesphore Décarie. La photo a été prise vers 1910, quelques années après son décès. Le personnage occupant la charrette est son fils Anatole, oncle de Yves Décarie dont Barthélémy Thélesphore était le grand-père, et qui nous a aimablement fourni ces renseignements.

Un jour, un certain monsieur Dawson, client de cet hôtel et ami personnel du roi édouard VII, (qui régna à partir de 1901 jusqu’à sa mort en 1910) se préparait à partir pour l’Angleterre et cherchait un cadeau original à offrir au Roi; il eût soudain une inspiration! Comme il avait souvent dégusté les bons melons produits par monsieur Décarie, il vint trouver ce dernier et lui demanda s’il était possible d’expédier ses melons en Angleterre et si on pouvait espérer que les fruits puissent y arriver en bon état.

En compagnie de monsieur Dawson, Anatole Décarie choisit des fruits de belle taille. Les melons, entourés de mousse, furent délicatement déposés dans une large caisse à claire-voie, libellée au nom du roi.

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La réputation agricole de Notre-Dame-de-Grâce est née grâce à ses melons. Pouvant peser jusqu'à 10 kilos (25 livres), ils étaient prisés par des restaurants d'aussi loin que New York et Boston. Il paraît même qu’on s’en délectait à la Cour d’Angleterre. Le micro climat du Coteau Saint-Pierre permettait aux fermiers tels que monsieur Aubain de les cultiver en abondance, de même que les pommes.

On colla sur la caisse des rondelles rouges sur lesquelles monsieur Dawson avait fait imprimer en caractères noirs le nom du producteur, le lieu de provenance des fruits et même le numéro de téléphone d’Anatole Décarie.

Les fruits, mûrs à point, arrivèrent à destination en parfait état et le roi édouard VII, gourmet de réputation internationale, savoura en son palais de Buckingham les délicieux melons de Notre-Dame-de-Grâce.

Un autre jardinier célèbre avait pour nom Alphonse-édouard Décarie, celui-là même qui fut le dernier occupant de la maison ancestrale. Les fruits et légumes qui poussaient sur ses terres étaient presque tous parfaits, tant lui-même et ses employés y mettaient de soins. Ses fameux melons étaient toujours réservés pour l’hôtel Waldorf Astoria de New York. Un jour, monsieur Décarie, séjournant dans cette ville, dîna au Waldorf.

Au moment du dessert, il demanda un melon. « Monsieur veut sans doute dire une tranche de melon » lui suggéra le serveur. -- « Non, non, j’ai bien dit un melon ». « Alors, monsieur ne connaît pas la grosseur des melons que nous servons », de lui répliquer le garçon. -- « C’est bien là votre erreur, mon ami », lui répondit avec un grand rire, le jovial Alphonse-édouard Décarie, « car ces melons c’est moi qui les cultive !» Le garçon tout abasourdi, s’empressa d’apporter un fruit d’une vingtaine de livres, que monsieur Décarie découpa fort artistiquement en étoiles et qu’il fit servir à tous les convives attablés au Waldorf Astoria.



Encore les melons !

Voici une dernière et courte anecdote sur les fameux melons!

En 1906, après la construction de l’aqueduc, le Conseil de la ville de Notre-Dame-de-Grâce fit adopter un règlement concernant la vente de l’eau aux citoyens. Le taux fut établi à « X » pour les citadins et passablement moins cher pour la consommation d’eau sur les fermes. Or, un producteur de melons, dont la terre longeait un ruisseau près de Villa-Maria, trouva immoral de payer pour l’eau qui est un don du Ciel! Comme il avait plus d’un tour dans son sac, il endigua le ruisseau et se servit de cette eau pour arroser ses précieux melons…

On ne m’a pas dit la fin de l’histoire mais il est facile d’imaginer que cet accroc à la loi dut soulever de vives protestations quand le Conseil s’aperçût que la consommation d’eau était à peu près nulle sur la grande ferme en question.

Annette Bleau

Les vergers

Les vergers de Notre-Dame-de-Grâce auraient facilement fait concurrence aux célèbres vergers de Rougemont. Au printemps, quel magnifique spectacle offraient tous ces pommiers en fleurs s’échelonnant en grappes sur les pentes des coteaux où les plus belles variétés de pommes étaient cultivées. Vers le milieu du XIXe siècle, quand arrivait l’automne, les producteurs organisaient des pique-niques pour la cueillette des fruits : des pique-niques hors de l’ordinaire où se mariaient travail et plaisir. À tour de rôle, on invitait les jeunes voisins, et les moins jeunes aussi car la besogne se partageait en diverses tâches.

L’air était plutôt frisquet en cette saison; on s’habillait simplement et chaudement car le pique-nique devait s’étirer du petit matin jusqu’aux étoiles. Bientôt les échelles se dressaient le long des arbres et la cueillette commençait dans une atmosphère de gaieté mêlée de sérieux, car le travail était de taille; il s’agissait de ne pas gâter des fruits de si belle qualité. Parfois même les cueilleurs portaient des gants pour ne pas abîmer les pommes, que les personnes plus âgées ou moins aptes à grimper dans les échelles assortissaient aussitôt selon leur grosseur et leur qualité.

À midi, tout travail cessait, on mangeait sur l’herbe en bavardant et chantant. Avant de retourner à l’ouvrage, quelques rondes autour des pommiers vous remettaient en forme. Puis au coucher du soleil qu’on admirait en regagnant la ferme, on se félicitait du beau travail accompli. Les hôtes du jour avaient allumé un grand feu dans l’âtre et préparé un souper savoureux à la mode du bon vieux temps. Des danses villageoises terminaient la soirée et chacun retournait chez soi, heureux d’avoir bien travaillé, bien mangé et bien dansé en compagnie d’amis et de voisins qu’on espérait bien revoir un jour prochain.

Combien de romances ont dû s’ébaucher au cours de ces pique-niques? Personne n’est plus là pour nous les raconter…



Les paroisses
Par Annette Bleau


Notre-Dame-de-Toutes-Grâces

Peuplée par les descendants de ses pionniers, Notre-Dame-de-Grâce grandit peu à peu. En 1818, à la suite d’un relevé détaillé, on y dénombre 454 personnes, tous paroissiens de la lointaine église Notre-Dame de Montréal. (Située Place d’Armes) On devine sans peine leur désir d’une église d’accès plus facile ; leur souhait, resté longtemps sans écho, fut enfin réalisé et le 6 juillet 1851, monseigneur Jean-Charles Prince bénissait la pierre angulaire de la future église sous le vocable Notre-Dame-de-Toutes-Grâces.

L’architecte de talent John Ostell en fit les plans et se vit confier la surveillance des travaux. (Au même moment, John Ostell construisait l’église St Ann à Griffintown)

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Dessin de la façade de l’église Notre-Dame-de-Grâce, tiré d’un numéro spécial du journal «Manoir-Echo » publié le14 septembre 1978, à l’occasion du 125e anniversaire de l’église.

L’église dont on a célébré avec magnificence le 125e anniversaire, en 1978, et le 150e en 2003, fut bénite le 18 septembre 1853. Elle est de style rocaille ou jésuite du XVIIIe siècle et mesure 175 pieds de longueur sur 64 pieds de largeur. L’architecture en est robuste et sobre ; la façade ressemble à celle de la première église Notre-Dame de Montréal, dont John Ostell et les Sulpiciens voulurent consacrer le souvenir. Quand elle fut terminée, l’église de Toutes-Grâces dominait tout le Coteau et on pouvait l’apercevoir de très loin, même de la rive du fleuve.

En même temps que l’église, les messieurs de Saint-Sulpice firent construire, en pierre, un presbytère relié à l’église par un chemin couvert. Ce chemin couvert disparut en 1927, l’année même où fut terminée la construction de la chapelle Saint-Victor, du baptistère et d’un élégant campanile destiné à recevoir un carillon de cinq cloches que bénit Monseigneur E.Deschamps, évêque auxiliaire de Montréal, le 25 septembre 1927.

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Les imposants lampadaires évoquent, on l’imagine, l’autorité du maire Charles Duquette. (Photo bibliothèque Fraser-Hickson)

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Le monastère du Précieux Sang à l’origine.

En 1927 les cloches du campanile de l'église Notre-Dame-de-Grâce furent consacrées lors d'une grande cérémonie, devant une foule enthousiaste. (Photos bibliothèque Fraser-Hickson)

Le premier orgue fut sans doute inauguré dès 1853 ou peu après, puisque déjà en 1855 il eût besoin de réparations. En 1898, on décida d’acheter un nouvel orgue dont le coût de 2 500 dollars fut entièrement défrayé par des souscriptions volontaires des paroissiens. Cet orgue, de facture ancienne et à soufflerie manuelle devint vite désuet et, en 1915, un bel orgue Casavant fut commandé. Cet instrument, très moderne à l’époque fut reconditionné et perfectionné en 1959 selon les directives de maître Paul Doyon, docteur en musique, qui fut titulaire des orgues de Notre-Dame-de-Grâce depuis le 1er octobre 1922 jusqu’à son décès en 1986. Monsieur Doyon, ce virtuose que l’on surnomme souvent ‘l’aveugle aux doigts de lumière’ fut l’une des personnalités marquantes de la paroisse.

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La maison de campagne des Sulpiciens, appelée Arche de Noé témoignait autrefois du caractère rural de Notre-Dame-de-Grâce. Elle était voisine de l'église Notre-Dame-de-Grâce du côté ouest (rue Girouard). Elle a depuis fait place à l ‘école primaire Notre-Dame-de-Grâce. (Photo bibliothèque Fraser-Hickson)

Près de l’église, alors chauffée par un grand poêle, des remises occupaient au début du siècle, une large place, et chaque dimanche, les cultivateurs arrivant au village y logeaient chevaux et voitures.

Après la messe des groupes se formaient sur le parvis ; on se racontait toutes les nouvelles du village, des rangs et des coteaux ; on parlait politique, agriculture et famille… Notre-Dame-de-Grâce est peut-être une des rares paroisses de Montréal où cette vieille et charmante coutume est encore à la mode. Les conversations ont un peu changé… mais on y parle encore politique et famille.

La paroisse connut successivement trois phases quant à sa direction et à son administration.

Tout d’abord succursale de la paroisse Notre-Dame de Montréal, Toutes-Grâces fut confiée aux Sulpiciens qui en furent les administrateurs jusqu’en 1867. Cette année-là marque un double événement dans l’histoire locale : l’érection canonique de Toutes-Grâces en paroisse et la remise de sa direction au clergé séculier.

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Une rare photo nous montrant l’ensemble des immeubles de l’église Notre-Dame de Grâce, du temps où elle avait toute sa... grâce : Le presbytère, converti en condominium dans les années 2000, l’église, et le vieux manoir, hélas détruit pour faire place à un immeuble sans caractère mais probablement plus... au goût du jour, comme le souligne cet article du journal Manoir-écho du 14 septembre 1978.

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En effet, par un décret daté du 3 mai 1867, Monseigneur Ignace Bourget érigeait la paroisse sous le vocable de Notre-Dame-de-Grâce. Le territoire comprenait alors Côte Saint Luc, la Côte Saint Antoine, le Coteau Saint-Pierre, et la Côte-des-Neiges, à partir des limites sud-ouest et nord-ouest de la Cité de Montréal.

La nomination du curé suivit de près l’érection paroissiale. Le choix de Monseigneur Bourget se porta sur Messire Napoléon Maréchal qui fut le seul curé séculier de Notre-Dame-de-Grâce. Son «règne », comme on avait coutume de dire, se termina en l’année 1900.

Au cours de la même année 1867, une partie du territoire de Notre-Dame-de-Grâce fut détachée et devint la paroisse Saint-Henri.

En 1901, Monseigneur Paul Bruchési, alors archevêque de Montréal érigea la paroisse Saint-Léon, comprenant tout le territoire de la ville de Westmount ; durant la même année, il érigea la paroisse de Notre-Dame-des-Neiges. Même diminué en raison de ces deux décrets, le territoire de Notre-Dame-de-Grâce demeurait encore très vaste.

Dimanche le 29 septembre 1901, Monseigneur Paul Bruchési procéda solennellement à l’installation des RR.PP. Dominicains, chargés désormais de desservir la paroisse qui comptait à ce moment 165 familles catholiques et environ 900 âmes.

Le territoire de Notre-Dame-de-Grâce fut de nouveau morcelé lorsque le 14 mai 1906, Monseigneur Paul Bruchési érigea la paroisse Saint-Pierre-aux-Liens dans sa partie sud-ouest. Nouveau morcellement le 14 mai 1909, au sud pour faire place cette fois à la paroisse Sainte-Clotilde.
Cimetière au sous-sol

Photo 111
Le maire Jacques Viger

Lors de la construction de l’église Notre-Dame-de-Grâce en 1853, l’affaire du cimetière fut l’objet d’un débat resté célèbre. En voici le résumé : les paroissiens avaient demandé qu’on réservât un terrain pour servir de cimetière aux gens de Notre-Dame-de-Toutes-Grâces et à ceux des côtes environnantes. L’affaire n’était pas encore réglée lorsqu’en juillet 1853 la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal décidait d’ouvrir un nouveau cimetière à Côte des Neiges. Il devait s’ensuivre que le Coteau Saint-Pierre et les coteaux environnants n’auraient pas leur propre cimetière. Soixante-douze paroissiens signèrent une requête pour obtenir la permission d’inhumer sous l’église, permission qui leur fut accordée par la dite Fabrique de Notre-Dame en 1854.

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Une plaque commémorative apposée en 1958 sur la façade de l’église Notre-Dame-de-Grâce par la Commission des monuments et sites historiques confirme son inhumation en ces lieux. En voici le texte :

Et voici comment il se fait que le sous-sol de l’église Notre-Dame-de-Grâce devint un véritable caveau de luxe où il était de bon ton de se faire enterrer ! J’ai même ouï-dire que plusieurs personnes, habitant hors de la paroisse, avaient demandé et obtenu la faveur de reposer éternellement dans ce cimetière étrange. Les registres paroissiaux indiquent que de 1855 à 1910, plus de 300 personnes y furent inhumées. Le premier inscrit se nommait Benjamin Dominique Hurtubise, décédé le 11 janvier 1855 et la dernière personne à y être enterrée fut mademoiselle Mélina Décarie qui quitta ce monde le 4 août 1910.

Ici les trois photos vont avec ce texte (111, 112, 078)Le fondateur de la Société historique de Montréal, premier maire de Montréal et auteur de la devise Concordia salus M. Jacques Viger, y fut inhumé le 15 décembre 1858.

Premier maire de Montréal et auteur de la devise Concordia Salus, il avait épousé en 1808 Marie-Marguerite de la Corne du Chapître de Saint-Luc, veuve du major Lennox dont elle avait eu deux filles, Marie-Charlotte et Anne-Marguerite et elle-même fille de Luc de la Corne, sieur de Chapître et de Saint-Luc et de Marguerite Boucher de Boucherville. Après la mort de sa femme, Jacques Viger vécut avec ses belles-filles dont l’une, Marie-Charlotte, fut aussi inhumée sous l’église en 1863. Les funérailles de Jacques Viger furent célébrées en l’église Notre-Dame de Montréal, paroisse où il avait sa résidence officielle. Pour quelle raison fut-il inhumé à Notre-Dame-de-Grâce ? Je crois avoir trouvé un indice dont je vous fais part sous toutes réserves ; sur le plan levé en 1778 par Me Péladau, j’ai relevé le nom de la famille Boucherville qui y figure comme propriétaire d’un emplacement vers la Côte-des-Neiges. Jacques Viger a vécu avec ses belles-filles. Il est bien possible que ces dernières possédaient encore à l’époque de sa mort une maison dans la paroisse Notre-Dame-de-Grâce.



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La cérémonie de sépulture précédant l’inhumation dans la crypte de l’église revêtait un caractère particulier qui nous semblerait quelque peu sinistre aujourd’hui. Après les funérailles célébrées solennellement dans le temple orné à profusion de banderoles noires frangées et brodées de larmes d’argent, les porteurs retiraient le cercueil du grand catafalque noir recouvert d’un drap funéraire et entouré de cierges : le cortège se rendait à l’arrière de l’église où, à la hauteur de la dernière colonne, une trappe s’ouvrait sur un sombre escalier dans lequel le clergé suivi des parents et amis s’engageait vers le cimetière de terre battue où une nouvelle fosse venait d’être creusée. Après cette pénible descente, la lueur des lampes fumeuses suspendues aux énormes poutres de troncs d’arbres entiers devait ajouter une note lugubre à cette cérémonie déjà impressionnante par elle-même et en faire frissonner plusieurs…

À compter de 1910, le cimetière de la crypte fut fermé ; cependant, le 2 novembre de chaque année, jour de la Commémoration des morts, les paroissiens s’y rendaient en pèlerinage après la messe de huit heures. La fameuse trappe n’existait plus ; on pénétrait dans la crypte par la porte latérale de l’église du côté du monastère. Je me souviens d’y être allée une fois : ces lieux si bien entretenus autrefois, paraît-il, et depuis lors laissés à l’abandon, n’inspiraient plus que pitié. Une pierre tombale adossée au mur et recouverte de poussière et de fils d’araignée attira mon attention ; on y lisait cette épitaphe : « Ci-gît mon épouse bien-aimée ; passants, priez pour elle ».

La population de Notre-Dame-de-Grâce s’accrut rapidement ; l’église s’avéra trop petite pour contenir la foule des paroissiens. Si bien qu’au début de 1949, le père Henri-Marie Bradet, O.P., curée ce temps-là, convoqua les marguilliers, «anciens et nouveaux » pour leur soumettre un important projet : donner une vocation nouvelle au sous-sol de l’église en y construisant une vaste chapelle de 800 places.


St.Augustine of Canterbury

Projet de taille si l’on en considère tous les aspects : réfection complète du plafond aux poutres de bois rond, des systèmes de chauffage et d’éclairage, installation de gicleurs automatiques, addition d’un plancher et pose de revêtement aux murs, ameublement et décoration du nouveau sanctuaire, etc. Tous ces détails furent sérieusement étudiés au cours de nombreuses réunions et les marguilliers adoptèrent le projet à l’unanimité le 7 juin 1949. Les travaux commencèrent dès la fin du même mois. Mais il restait un important problème à régler : la translation des restes des défunts du «défunt cimetière ». Il ne fallait surtout pas froisser les anciennes familles dont plusieurs membres reposaient sous la terre battue. Le père Bradet trouva la meilleure solution : tous les ossements furent attentivement et pieusement recueillis, puis déposés dans une fosse commune au-dessus de laquelle un petit monument fut érigé dans le transept est de ce qui était devenu le sanctuaire de Saint-Vincent-Ferrier.

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L’église St Augustine aujourd’hui
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L’église St. Augustine construite de 1919 à 1929 (photo de droite)

St. Augustine of Canterbury, première paroisse irlandaise du même territoire, avait déjà été érigée en 1917. L’église est située sur le chemin de la Côte Saint Antoine à l’angle de la rue Marcil. La même année, Saint Ignatius of Loyola devenait paroisse ; les cérémonies paroissiales se déroulaient dans la chapelle du Loyola College.

Saint Antonin

La paroisse Saint-Antonin fut érigée en 1927. L’église fut érigée sur le site qu’une partie de la ferme que James Snowdon avait achetée le 8 septembre 1824 de Pierre Jérôme Hurtubise qui y tenait alors une auberge et exploitait un immense verger.

Saint Malachy

Saint Malachy’s Church, avenue Isabella, fut construite en 1938, aussi pour des catholiques anglophones. Saint Raymond dont l’église est située rue Saint-Jacques date également de 1938 et regroupe une population à forte densité italienne.

Santa Monica et Sainte Catherine-de-Sienne

Enfin Santa Monica, sympathique église irlandaise située rue de Terrebonne, et Sainte-Catherine de Sienne, rue Somerled, toutes deux érigées en 1950, sont les deux dernières filles de la paroisse mère de Notre-Dame-de-Grâce.

Saint Raymond

L’église Saint-Raymond, rue St-Jacques rassemble à l’origine une population en majorité italienne.


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